“Que Dieu me foute la paix ! Ou qu’il me la donne.”
J’ai la tête loin et pourtant complètement dedans. Je bafouille mes souvenirs, je m’englue, je ressasse. J’essaye de regarder dehors, de porter mon regard au loin.
Je suis enfin décidé à reprendre la route sinueuse vers l’extérieur. Je n’ai qu’à tourne la tête et les signaux sont déjà là, ils me chopent sans que je le décide. Ils se posent devant mes yeux, comment les ignorer ?
Les souvenirs me hantent et me rattrapent, dans les rêves comme pendant mes balades. Alors je me laisse faire, je regarde, j’essaye de comprendre ce qui m’accroche.
Je comprends que j’ai besoin de tout revisiter pour tenter de combler les fondations. Point par point, je dois colmater les trous, ci et là, et faire toutes les réparations nécessaires. Patiemment, douloureusement, un problème après l’autre.
Ça va être long, et je le sais. J’aimerais avancer, mais tout est bancale.
Je ne serai jamais solide en étant troué de partout.
Mais je cherche encore mon centre, désespérément à l’extérieur alors que tout est devant moi. C’est le paradoxe impossible de la photographie : je me tourne vers la vie pour finalement l’écouter à l’intérieur de soi.
En attendant d’aller mieux, je m’accroche aux signes, à l’eau qui nettoie, aux failles et aux petites lumières qui pourraient les traverser.
Série Melancholia
Photographie numérique et argentique.