“Y a-t-il un peu de lumière, quelque part ?”
Série black Waves
Histoire d’errance dans le darkwood.
Série argentique noir et blanc.
Thaïlande, Mars 2017.
Partager un long moment en silence avec un inconnu, se regarder en profondeur, se sourire. On sait qu'il n'y a rien à dire. Et c'est très bien comme ça.
Se prendre dans les bras, pleurer, comprendre qu'il n'y a rien à comprendre. Il faut retrouver un semblant de confiance, et laisser aller. Prendre une image, machinalement, pour imprimer la sensation et par habitude de la pudeur.
Puis revenir aux sensations, aussi vite que je déclenche.
Malgré tout, je m'étonne de ne pas perdre cet instinct de photographier, de me relier. Etrangement, à mesure que j’erre, je vois des choses inertes, des choses qui flottent, du vide.
C’est nouveau, ce vide.
Je pleure, parce qu'on ne sait plus comment faire, ni pourquoi je le fais. J’ai perdu le sens et le goût des choses. J’ai plus de jus, plus de ressource.
Pourtant, à l'intérieur, ça bouillonne toujours. C’est tout au fond, mais bien là. Peut-être que l’appareil m’aidera à retrouver le chemin vers cet espace caché à l’intérieur. Ne plus pouvoir crier m'empêche, et m'englue. Je n’ai plus la force de l’exprimer, mais je la sens toujours, la rage.
Elle m’attend derrière la porte.
Je marche un peu, je retrouve la nécessité de manger, la force de regarder les autre dans le yeux et me confronter au monde.
Petit à petit, je retrouve les sensations dans les pieds. Je regarde la mer. J’observer les autres en silence, et je ne faire que ça. Patiemment, très lentement, je me reconnecte.
Aux autres, et aux choses qui flottent.